Cybersécurité

Sauvegarde et reprise après sinistre : le guide pratique pour les entreprises

RPO, RTO, règle 3-2-1-1-0, rançongiciels (ransomware), tests de restauration : construire une sauvegarde qui tient réellement au Cameroun.

Sommaire (11 sections)
  1. Combien pouvez-vous perdre, et combien de temps rester arrêté ?
  2. La règle 3-2-1-1-0, expliquée simplement
  3. Ce qu’on oublie presque toujours de sauvegarder
  4. Scénario : un rançongiciel dans une quincaillerie de Douala
  5. Les quatre contre-mesures qui changent la donne
  6. Les réalités locales qui changent l’architecture
  7. Tester la restauration : la seule étape qui prouve quelque chose
  8. Combien coûte une sauvegarde sérieuse ?
  9. Votre check-list de départ
  10. Questions fréquentes
  11. Faire le point sur votre dispositif

Une entreprise perd rarement ses données de façon spectaculaire. Le plus souvent, cela ressemble à ceci : le disque du poste qui sert de « serveur » lâche un lundi matin, la seule sauvegarde est un disque externe branché sur cette même machine, et personne n’a essayé de restaurer depuis dix-huit mois.

Le fichier existe. Il ne s’ouvre pas.

La sauvegarde n’est pas un produit qu’on achète : c’est une procédure qu’on vérifie. Voici comment la construire pour qu’elle tienne le jour où vous en aurez besoin, panne de disque comme rançongiciel.

Combien pouvez-vous perdre, et combien de temps rester arrêté ?

Avant de comparer des solutions, répondez à deux questions avec la direction. Elles déterminent tout le reste.

Le RPO (Recovery Point Objective) : combien de données pouvez-vous perdre ? Avec une sauvegarde par nuit, vous pouvez perdre jusqu’à une journée de saisie. Pour une pharmacie ou un dépôt qui enregistre des centaines de mouvements par jour, c’est souvent trop.

Le RTO (Recovery Time Objective) : combien de temps pouvez-vous rester arrêté ? Une heure, une journée, une semaine ? La réponse change complètement l’architecture et le budget.

Ces deux notions structurent le guide de planification de la continuité NIST SP 800-34. Sans elles, une discussion sur la sauvegarde est une discussion sur le prix, pas sur le risque.

La règle 3-2-1-1-0, expliquée simplement

La règle classique reste le socle :

  • 3 copies de vos données ;
  • sur 2 supports différents ;
  • dont 1 hors site.

Elle protège contre la panne et l’incendie. Elle ne suffit plus contre les rançongiciels, qui cherchent les sauvegardes accessibles pour les chiffrer ou les supprimer. La version actualisée ajoute deux chiffres :

  • 1 copie immuable ou déconnectée, que personne ne peut modifier ni effacer pendant sa durée de conservation ;
  • 0 erreur au dernier test de restauration.

C’est ce dernier zéro qui distingue une sauvegarde réelle d’une sauvegarde supposée.

Ce qu’on oublie presque toujours de sauvegarder

Au-delà des fichiers bureautiques, vérifiez que vous couvrez :

  • la base de données de votre ERP, de votre caisse ou de votre site, pas seulement les fichiers de l’application ;
  • les boîtes e-mail : la corbeille n’est pas une sauvegarde ;
  • les configurations du routeur, du pare-feu, des points d’accès et des postes ;
  • le site web et sa base — voir Nematek One Hosting ;
  • les enregistrements vidéo, si vous en dépendez en cas de vol ou de litige — voir caméras et réseaux ;
  • les pièces comptables et contractuelles à produire en cas de contrôle.

Écrivez cette liste. Une sauvegarde dont le périmètre n’est pas écrit a des trous que personne ne connaît.

Scénario : un rançongiciel dans une quincaillerie de Douala

Le scénario est fictif, mais chaque étape suit le déroulé décrit par l’agence américaine de cybersécurité dans son guide #StopRansomware.

Vendredi, 17 h. À Bonabéri, une employée ouvre un e-mail « Facture impayée » qui semble venir d’un fournisseur. Rien ne se passe à l’écran.

Le week-end. L’attaquant utilise son compte, qui a accès à tout le dossier partagé. Il trouve le poste « serveur » et le disque externe branché en permanence dessus.

Lundi, 7 h 30. Les fichiers ont été renommés. Une note réclame un paiement en cryptomonnaie. La base de la caisse, le fichier Excel des dettes clients et le disque externe sont chiffrés, puisqu’ils étaient joignables.

Ce qui sauve l’entreprise tient en deux choses préparées à l’avance : une copie hors d’atteinte, par exemple un second disque changé chaque semaine et rangé dans un autre bâtiment, ou une sauvegarde distante à conservation immuable, et une procédure de restauration déjà testée. Sans elles, il faut reconstituer les dettes clients de mémoire.

Les premières heures comptent :

  1. Isolez les machines touchées : débranchez le câble réseau, coupez le Wi-Fi. Éteignez seulement si vous ne pouvez pas les déconnecter.
  2. Gardez les preuves : la note de rançon, l’e-mail d’origine, l’heure des premiers constats.
  3. Ne rebranchez pas la copie saine avant d’avoir nettoyé ou réinstallé les postes.
  4. Restaurez depuis la copie hors d’atteinte, en commençant par la caisse et la comptabilité.

Notre guide Protéger son entreprise contre les rançongiciels détaille les dix mesures de prévention et les 24 premières heures. Quant au faux e-mail du vendredi, c’est une arnaque classique, que l’IA rend aujourd’hui sans faute : notre guide des arnaques WhatsApp et Mobile Money apprend à la repérer.

Les quatre contre-mesures qui changent la donne

  • Une copie immuable ou déconnectée, hors d’atteinte des comptes d’administration courants.
  • L’authentification multifacteur sur la messagerie, les accès distants et les consoles de sauvegarde.
  • Le cloisonnement : le compte qui écrit les sauvegardes ne doit pas pouvoir les supprimer.
  • Une conservation assez longue pour couvrir une intrusion découverte tardivement.

Le guide #StopRansomware de la CISA et le guide de l’ANSSI Attaques par rançongiciels, tous concernés sont de bons points de départ. Les CIS Critical Security Controls permettent ensuite d’avancer par paliers, sans affronter d’un coup une liste décourageante.

Les réalités locales qui changent l’architecture

Une bande passante chère et irrégulière

Envoyer chaque nuit des centaines de gigaoctets vers le cloud n’est pas réaliste partout. La réponse habituelle est hybride : une copie locale rapide pour les restaurations courantes, et une copie distante incrémentale pour le sinistre majeur.

Le vol et l’incendie

Un disque rangé dans le même bureau que le serveur n’est pas une copie hors site : en cas de cambriolage ou d’incendie, les deux partent ensemble. « Hors site » veut dire un autre bâtiment ou un stockage distant, pas un autre tiroir.

Les coupures de courant et les surtensions

Un arrêt brutal pendant une écriture peut corrompre une base de données aussi sûrement qu’une panne de disque. Un onduleur avec extinction propre automatique fait partie de la stratégie de sauvegarde. Voir notre guide sur la haute disponibilité.

La dépendance à une seule personne

Si une seule personne connaît la procédure et détient les accès, le plan de reprise s’effondre le jour où elle est en congé à Kribi. Écrivez la procédure ; au moins deux personnes doivent l’avoir exécutée.

Tester la restauration : la seule étape qui prouve quelque chose

Une sauvegarde non testée est une hypothèse. Un vrai test se déroule ainsi :

  1. Choisissez une date au hasard dans votre période de conservation.
  2. Restaurez sur un environnement séparé, jamais sur la production.
  3. Ouvrez réellement les données : lancez l’application, consultez un enregistrement récent.
  4. Chronométrez, et comparez avec votre RTO.
  5. Notez la date, la personne, la durée et les problèmes rencontrés.

Faites-le au moins une fois par trimestre, et après chaque changement d’infrastructure.

Combien coûte une sauvegarde sérieuse ?

Le budget se compose du stockage (disques locaux, espace distant facturé au volume), du temps passé aux tests et du suivi. Nos prix de départ sont publiés en FCFA sur la page tarifs : Nematek One Secure couvre la sauvegarde, la conservation et le test de restauration, Nematek One Hosting inclut des sauvegardes selon la formule, et Nematek One Support prévoit un contrôle périodique des sauvegardes selon le plan.

Votre check-list de départ

  • RPO et RTO définis et validés par la direction
  • Périmètre de sauvegarde écrit, bases de données et messagerie incluses
  • Règle 3-2-1-1-0 appliquée, avec une copie immuable ou déconnectée
  • Sauvegardes automatiques, avec une alerte en cas d’échec
  • Test de restauration trimestriel, chronométré et consigné
  • Procédure écrite, connue d’au moins deux personnes
  • Onduleur avec extinction propre sur les équipements critiques
  • Authentification multifacteur sur les accès distants et de sauvegarde

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il sauvegarder ?

La fréquence découle de votre RPO. Si vous ne pouvez pas perdre plus d’une heure de saisie, la sauvegarde doit être horaire ou continue. Pour beaucoup de PME, une sauvegarde quotidienne des fichiers et plusieurs sauvegardes par jour de la base de données forment un bon équilibre.

Le cloud suffit-il comme sauvegarde ?

Pas à lui seul. Un service cloud protège contre la panne de votre matériel, pas contre une suppression accidentelle, un chiffrement par rançongiciel ou une erreur de synchronisation. La synchronisation réplique aussi les erreurs : il faut des versions conservées et une copie hors d’atteinte.

Combien de temps conserver les sauvegardes ?

Deux logiques se combinent. La logique technique demande une conservation assez longue pour couvrir une intrusion découverte tardivement : plusieurs semaines au minimum. Les obligations comptables et légales imposent des durées bien plus longues pour les pièces justificatives, avec un dispositif d’archivage distinct.

Notre serveur est chez un hébergeur, sommes-nous couverts ?

Rarement de façon complète. Beaucoup d’hébergeurs protègent leur infrastructure, pas forcément vos données applicatives. Lisez le contrat : fréquence, conservation, délai de restauration et qui déclenche la procédure. Sans réponse écrite, considérez que la sauvegarde vous incombe.

Faut-il payer la rançon ?

Payer ne garantit rien : la CISA rappelle qu’une victime qui paie n’a aucune garantie de récupérer ses fichiers. La seule réponse fiable est une copie saine, hors d’atteinte, et une restauration déjà testée. Conservez les preuves et faites-vous accompagner avant toute décision.

Par où commencer avec un budget limité ?

Identifiez la donnée dont la perte arrêterait l’activité, mettez-la en sauvegarde automatique avec une copie hors site, puis testez la restauration une fois. Ces trois actions couvrent l’essentiel du risque ; le reste se construit ensuite.

Faire le point sur votre dispositif

Si vous ne savez pas répondre à la question « quand avons-nous restauré pour la dernière fois, et combien de temps cela a-t-il pris ? », c’est le bon moment pour un état des lieux.

Nous intervenons en cybersécurité, cloud et continuité et support informatique. Demandez une évaluation gratuite.

Historique des mises à jour

  1. Réécrit : un scénario de rançongiciel fictif à Douala suivant le guide de la CISA, les gestes des premières heures, la loi n° 2010/012 et un renvoi vers les prix en FCFA.
  2. Réécrit en guide pratique : RPO et RTO, la règle 3-2-1-1-0, les tests de restauration et des sources vérifiées (NIST, CISA, ANSSI, ANTIC).

Seule une modification du fond change la date de mise à jour ; une relecture sans changement ne déplace que la date « Vérifié le ». Une information vous semble dépassée ? Signalez-la-nous.

Sources

Sources vérifiées le

  1. NIST SP 800-34 csrc.nist.gov
  2. guide #StopRansomware cisa.gov
  3. ANTIC antic.cm
  4. Attaques par rançongiciels, tous concernés messervices.cyber.gouv.fr
  5. CIS Critical Security Controls cisecurity.org
  6. CISA cisa.gov

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